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17 février 2012

Et s’il fallait moins d’élèves et plus de formation ?

Un peu de recherche en sciences humaines ne ferait pas de mal à M Chatel !

http://www.scienceshumaines.com/moins-d-eleves-moins-d-echecs_fr_28448.html

Pour réduire les échecs scolaires, il semble évident qu’une réduction de la taille des classes serait un levier efficace. Pourtant, les comparaisons internationales montrent que dans des pays comme la Corée ou le Japon, les élèves ont des performances élevées alors que les classes sont très chargées, tandis que dans nombre de pays comme le Luxembourg ou la Grèce, les performances sont médiocres malgré des classes petites, la France étant comme souvent dans une position moyenne. Il faut donc manier avec précaution ces comparaisons  : les phénomènes éducatifs s’inscrivent dans un contexte global et en l’occurrence, c’est toute une conception du savoir et de l’autorité qui permet un enseignement efficace dans de très grandes classes dans certains pays d’Asie.


La recherche en éducation apporte des éléments plus précis. Certes, elle s’en est longtemps tenue au constat selon lequel la taille de la classe n’affectait guère les acquisitions des élèves. Mais depuis quelques années, les recherches apportent d’importantes nuances.


De l’expérience de l’enseignant


D’abord, le niveau d’études n’est pas anodin  : au niveau primaire, on observe de meilleures progressions quand la classe est de petite taille, notamment en lecture, et ceci vaut particulièrement pour les enfants de milieu défavorisé. Dans une étude de 2006, les économistes Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire concluaient qu’une forte politique de ciblage, avec une réduction supplémentaire de 5 élèves dans les classes de Zep, permettrait de réduire d’environ 50 % les inégalités de performance avec les classes non Zep  ; les effets d’une politique de ce type dans le secondaire sont moins marqués. Dans l’étude qu’il vient de publier (avec Laurent Lima), le chercheur Pascal Bressoux montre que cet effet bénéfique d’une réduction de la taille des classes ne s’observe pas seulement si l’on met en œuvre une baisse très marquée, mais est notable d’emblée. Cet effet de la réduction de la taille des classes était jusqu’alors sous-estimé car l’on ne tenait pas compte des caractéristiques des maîtres affectés aux classes de petite taille (souvent moins expérimentés). Or la capacité des maîtres à faire progresser les élèves, notamment les plus faibles, est aussi liée à leur ancienneté  : «  Deux années d’expériences supplémentaires de leur enseignant au CP dépassent l’effet d’un élève en moins par classe.  » L’affectation des maîtres les plus expérimentés aux élèves les plus faibles est donc une voie sans doute moins coûteuse et plus efficace que la réduction de la taille des classes pour améliorer les progrès des élèves.


On peut bien sûr chercher à augmenter l’efficacité des débutants, et d’autres travaux de P. Bressoux montrent à cet égard l’importance d’une formation initiale  : former les enseignants débutants équivaut à une réduction de la taille des classes de 10 élèves (en mathématiques).


Une chose est sûre, on n’a pas tout essayé pour réduire l’échec scolaire et ces recherches montrent les impasses d’une politique qui à la fois supprime toute formation et affirme tranquillement qu’il est possible d’augmenter la taille des classes sans dommages pour les élèves…

Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire, «  L’impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français  », Les Dossiers évaluations et statistiques, n° 173, mars 2006.
Pascal Bressoux et Laurent Lima, «  La place de l’évaluation dans les politiques éducatives  : le cas de la taille des classes à l’école primaire en France  », in Georges Felouzis et Siegfried Hanhart (dir.), Gouverner l’éducation par les nombres  ? Usages, débats et controverses, De Boeck, 2011.
Pascal Bressoux et al., «  Tearchers’training, class size and students’ outcomes : Learning from administrative forecasting mistakes  », The Economic Journal, vol. CXIX, 
n° 3, 2009.

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