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28 mars 2013

Lettre aux députés

demande d’audience

Madame la Députée / Monsieur le Député

Le ministre de l’Éducation Nationale a ouvert en juillet dernier une phase de concertation ayant pour objectif de mettre à plat quelques grands chantiers de l’école. Même si cette concertation, qui se voulait massive et décentralisée ne l’a pas été, elle a tout de même permis aux représentants du personnel et de l’administration de se mettre autour d’une table et d’échanger nos points de vue. A cette occasion nous avons constaté avec satisfaction un changement de ton à notre égard, en comparaison avec le gouvernement précédent. Néanmoins, une fois le temps de la concertation venu, c’est dans le contenu des réformes que nous souhaitons voir se traduire la reconnaissance de l’expertise des enseignants par le gouvernement. Les élus du personnel que nous sommes et le ministère partageons le constat que les élèves français ont des journées de classe trop longues. Nous avons manifesté notre opposition à la semaine de 4 jours imposée en 2008 par Xavier Darkos. Le chantier des rythmes scolaires était donc un chantier souhaité par le SNUipp. Monsieur Peillon s’est attaché à répartir les heures hebdomadaires de classe sur 4 jours ½ plutôt que 4. En soi, nous ne sommes pas opposés à un étalement sur la semaine du temps scolaire. Ce qui nous semble davantage contestable, c’est de faire de cette mesure l’aboutissement de la réforme des rythmes. D’autres paramètres méritent d’être abordés, sinon la réforme, à l’épreuve du terrain, n’aura pas les effets escomptés : que les élèves apprennent dans des conditions optimales, dans le respect de leurs rythmes, afin d’apprendre mieux, et de mieux vivre l’école.

Nous vous soumettons ainsi quelques questions accompagnés de nos remarques : (Qui de mieux placé, nous direz-vous, que le SNUipp, syndicat majoritaire des enseignants du premier degré, pour vous soumettre quelques commentaires à ce sujet ?) :

Sur les rythmes et conditions de travail des élèves : • Pourquoi vouloir réformer l’organisation de la semaine (4 ou 4 jours et demi) avant de considérer l’organisation des rythmes sur l’année (déséquilibrée) et le contenu des programmes (trop lourds) ? Les élèves (et les enseignants) auront à nouveau un programme extrêmement difficile à tenir. La fatigue des élèves vient de l’organisation du temps scolaire mais aussi de l’ampleur du programme. La réussite de la réforme des rythmes est liée à l’allègement des programmes.

• Lorsque l’allègement de la journée sera porté à 30 minutes : pensez-vous réellement que 30 minutes sont suffisantes pour organiser des activités périscolaires de qualité et ménager la fatigue des enfants ? Nous, enseignants de terrain, vous affirmons le contraire. Même 45 minutes sont insuffisantes pour mener à bien une activité de qualité s’il y a (comme c’est à prévoir) le moindre déplacement entre l’école et le lieu des activités. Les activités doivent être conçues sur des créneaux d’une heure minimum.

• La mise en application de la réforme prévoit souvent, pour des raisons évidentes de réduction des coûts, de mettre les activités périscolaires dans le prolongement de la pause méridienne. Mal encadrées par du personnel peu formé, et avec des taux d’encadrement assouplis, ces « activités » (que nous appellerons plutôt garderie) vont accentuer la fatigue des élèves sur un créneau horaire où il est déjà difficile de les mobiliser. Leur retour en classe, 2h15 après la fin de la classe le matin, se fera dans des conditions absolument défavorables aux apprentissages. Les élèves seront fatigués, excités, et donc peu attentifs. Le contraire de l’esprit de la réforme. Il est capital que les activités périscolaires ne se situent pas en prolongement de la pause méridienne.

• Toujours motivé par des réductions de coûts, un « assouplissement » du taux d’encadrement des enfants est prévu par la réforme. Plus d’élèves par adulte rend la tâche de l’éducateur plus difficile, même s’il est correctement formé. Ce sera pire pour les personnels encadrant non formés. Le SNUipp (tout comme certaines mairies favorables à la réforme, d’ailleurs) ne peut adhérer à cette mesure.

• Les Activités Pédagogiques Complémentaires ne présentent pas de rupture avec le dispositif actuel de l’Aide Personnalisée. Nous rejetons ces dispositifs car, pour nous, la difficulté scolaire doit se traiter efficacement sur le temps scolaire, en groupes restreints par l’intervention des maîtres spécialisés du RASED ou des maîtres surnuméraires. Nous souhaitons vous interpeller également sur, en l’état actuel des choses, l’absence de départs en formations spécialisées (maîtres de RASED, de SEGPA, de CLIS…) à la prochaine rentrée scolaire.

Sur le coût des activités périscolaires : • Tout d’abord, nous nous étonnons que les fonds d’amorçage, ayant pour fonction d’inciter les communes à organiser des activités périscolaires, ne s’accompagnent d’aucune garantie. Nous constatons que les communes, n’ayant pas d’obligation d’organiser ces activités, peuvent toutefois percevoir ces fonds. Même si nous contestons l’agenda de la mise en application de cette réforme, il nous semble pour le moins surprenant que l’octroi d’un budget de l’état ne soit aucunement coercitif.

• La réforme de Mr Peillon permet aux mairies de proposer des activités périscolaires payantes. Est-ce donc bien cela la réforme des rythmes souhaitée par le gouvernement ? A savoir que les enfants dont les familles peuvent payer auront accès à des activités de qualité, et les autres seront gardés par un personnel (souvent non formé) encadrant des groupes agrandis ? Ou, le cas échéant, peuvent même se voir refuser l’accès à la garderie (comme le prévoit Mr Mathus, maire socialiste de Montceau les Mines) si l’un des deux parents est sans emploi ? Nous ne saurons tolérer qu’au nom de l’amélioration des rythmes scolaires, s’accentuent les inégalités entre territoires mais aussi entre les familles d’une même école. Nous exigeons l’égalité des élèves face à l’offre éducative, et donc la gratuité des activités périscolaires.

Sur les conditions de travail des enseignants : • Les enseignants se déplaceront une journée supplémentaire, tout en étant contraints d’honorer les 108heures d’obligation de service mises en place au moment du passage à la semaine de 4 jours. Autrement dit, nous allons gagner moins à cause des frais engendrés (garde, déplacements) par la demi-journée supplémentaire. Si seulement nous étions de bons élèves de l’OCDE en matière de rémunération des enseignants…Mais ce n’est pas le cas. Pourtant, aucune revalorisation salariale n’est prévue. Il faut donc revaloriser d’urgence les salaires des enseignants.

De manière générale, cette réforme nous paraît précipitée, bricolée et une fois appliquée n’entraînera pas d’effet notoire sur l’attention ou la fatigue des élèves. Pire, elle accentuera les inégalités entre les territoires, entre les familles, et provoquera un mécontentement inévitable dans le corps enseignant. Bon nombre de collègues et de familles sont d’ailleurs opposés à l’application de la réforme en 2013. Sur l’ensemble du territoire, plus de 50% des enseignants du premier degré ont montré le 12 février leur rejet du projet en l’état. A ceux-là, s’ajoutent ceux qui avaient déjà exprimé leur mécontentement le 31 janvier.

Ainsi, nous souhaitons à minima le report de l’application de la réforme à la rentrée 2014, et la réécriture du décret sur les rythmes.

En conséquence de ce qui précède, nous vous sollicitons, pour que vous fassiez remonter nos préoccupations à l’ensemble du gouvernement, à Mr Peillon en particulier, pour que, à l’épreuve du terrain, cette réforme, dans le temps, soit une réussite et non le contraire. Nous sollicitons donc de votre part une audience afin de pouvoir vous faire part de vive voix de nos préoccupations.

Veuillez croire, Mme/Mr la/le Député(e), en notre dévouement au Service Public d’Éducation

Le bureau du SNUipp-FSU 71.

 

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