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16 mai 2014

Rythmes scolaires : notre analyse du nouveau décret

Un décret pour deux

Vous avez été destinataires par la voie hiérarchique (puis via les directrices/teurs) du décret du 7 mai 2014 portant sur les expérimentations d’organisation du temps scolaire, venant compléter le décret initial sur la réforme des rythmes. En clair, le décret actuel propose des aménagements.

Cliquez sur le document ci-dessous pour connaître les modalités pratiques des nouveaux aménagements :

PDF - 196.1 ko
Rythmes scolaires mai 2014_décryptage SNUipp-FSU

Ce que nous en retenons :

8 demi-journées, dont 5 matinées et 3 après-midis.

Sur le papier, cette organisation de cinq matinées et trois après-midis pourrait donner l’illusion d’être intéressante notamment pour les enseignants :

+ temps libéré en compensation du mercredi matin réparti sur une demi-journée plutôt que plusieurs bouts de journée, pour concertation/travail en équipe/formation (108h), temps de préparation, temps perso.

+ activités de longue durée pour les élèves permettant de prendre le temps (déplacements + activité) ; sieste garantie pour les maternelles ;

+limitation des adultes référents sur la semaine (1 ou 2 activités max sur la demi-journée plutôt qu’une activité par jour sur 4 jours menées par 4 adultes différents)

Mais en réalité, cet aménagement est avant tout une réponse à la demande des collectivités locales, notamment rurales, de simplification du recrutement et de la gestion des animateurs sur le temps périscolaire. Il ne répond en rien à l’amélioration des rythmes d’apprentissage de l’enfant.

De plus, il sera extrêmement difficile d’obtenir la libéralisation d’une demi-journée d’enseignement effective car cette organisation amènera des journées de classe de 5 h 30 à 5h 45 minimum rendant quasi impossible la mise en place des APC en dehors de la demi-journée ainsi libérée. En effet, une journée de classe (APC comprises) ne peut pas dépasser 6 h.

Gros bémols du décret :
- la boîte de Pandore de la réduction des vacances scolaires s’ouvre...et mal, car dans un cadre local, ce qui est inadmissible ! Que ce soit clair, ce dossier n’est absolument pas d’actualité pour le SNUipp-FSU !

ATTENTION !! Contrairement au décret du 24 janvier 2013, le conseil d’école est obligatoirement associé pour valider le projet de réorganisation du temps scolaire proposé dans le nouveau décret. VOUS DEVEZ ETRE ASSOCIES à TOUTE MESURE EXPERIMENTALE DANS VOTRE ECOLE. La commune ne peut pas, seule, réaménager le temps scolaire proposé par le décret du 7 mai 2014 (s’il y a plusieurs écoles dans une même commune, le projet doit remporter l’adhésion de la majorité des conseils d’école). Enfin, les APC n’étant pas supprimées, c’est VOUS , ENSEIGNANTS, qui décidez à quel moment vous les placez (dans la limité de 6 h de présence maximum des élèves) et avec quels élèves.

Dans les faits, et au vu des délais, il est fort probable que parmi tous ceux qui le souhaitent, très peu pourront la mettre en œuvre à la rentrée 2014. Pour le SNUipp-FSU, c’est donc trop tard...

...et trop peu. Au niveau national, cette réforme empêche des organisations déjà en place remportant pourtant l’adhésion de la communauté éducative depuis plusieurs années (comme à Toulouse). De plus, ce décret complémentaire ne change rien au cadre général de la réforme : demandes des personnels non entendues, insuffisances du financement, inégalités territoriales, poids accru des élus, concurrence du privé, …

In fine, la réforme des rythmes, par ses deux décrets, est pensée à l’envers. Elle relègue au second plan le temps de l’école pour les élèves et la prise en compte des demandes des enseignants (tout particulièrement le décret de janvier 2013). La semaine scolaire doit s’organiser selon un cadrage national, comme c’était le cas avant 2008, avec des possibilités de dérogations émanant des conseils d’école dans l’intérêt du service public d’éducation. Les contraintes du périscolaire ne doivent pas dicter l’organisation du temps scolaire. La question des rythmes scolaires, si elle a été largement mise en avant, par le ministère, ne peut être la seule réponse à la lutte contre la difficulté scolaire. Cette réforme ne répond pas aux vrais enjeux de la lutte contre les inégalités scolaires. La priorité au primaire doit être une réalité et doit être articulée avec une amélioration des conditions de travail des collègues.  Voila pourquoi le SNUipp-FSU s’est exprimé en contre au dernier conseil supérieur de l’éducation le 5 mai dernier. C’est également pour ces raisons que le SNUipp-FSU continue de demander la non généralisation de sa mise en œuvre et une réécriture du décret. Par ailleurs, le Snuipp-FSU continue à exiger la suppression des APC.

Aujourd’hui, c’est un sentiment de déception, de lassitude et de découragement, quelquefois de colère, qui s’est emparé de la communauté éducative. Or, pour que notre école avance, elle doit s’appuyer sur ceux qui la font vivre tous les jours. Il y a urgence aujourd’hui à prendre les mesures nécessaires pour améliorer les conditions d’enseignement et de travail avec des moyens à la hauteur des besoins. Notre école a besoin d’enseignants reconnus, bénéficiant de formation continue, exerçant leur métier dans des conditions satisfaisantes et sereines et avec un salaire en rapport avec leur niveau de qualification comme nous l’avons demandé lors de la journée de grève du 15 mai avec tous les fonctionnaires. Sur tous ces sujets, il faut très vite avancer. Ce serait avant tout cela une priorité au primaire dans le bon rythme.

 

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