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3 juillet 2020

Les enseignants de l’école primaire sont plus exposés aux conflits qu’auparavant

L’Autonome de solidarité laïque publie son rapport annuel jeudi, duquel ressort une montée des tensions à l’école.

Succession de « petits faits », « tensions », prévalence des agressions verbales… Le baromètre annuel du climat scolaire, rendu public le 2 juillet par l’Autonome de solidarité laïque (ASL), dépeint une école que les spécialistes du mal-être enseignant connaissent bien : celle où les insultes, menaces et diffamations forment l’essentiel des cas de violence, ces « petites agressions » qui « minent le moral » des enseignants.

L’ASL est une association de défense des intérêts des enseignants. Son étude, basée sur quelque 10 000 dossiers de « protection juridique » et de « conseil » ouverts en 2019, offre une photographie des situations conflictuelles à l’école. Les deux tiers des dossiers concernent des cas de diffamation, insultes ou menaces. Lorsque le conflit implique un tiers, il s’agit d’un parent d’élève dans plus de la moitié des cas. Les directeurs d’écoles et les chefs d’établissement ont quatre fois plus de chance de se retrouver dans des situations de conflit que les autres membres des équipes pédagogiques.

Concernant la « protection juridique professionnelle », sur les 4 684 dossiers ouverts en 2019, seuls 14 % donnent finalement lieu à un dépôt de plainte (de la part de personnels de l’éducation ou de parents) et 1,5 % vont jusqu’aux tribunaux. « Les enseignants portent très peu plainte, sauf quand les parents d’élèves ont déjà engagé une procédure contre eux », note le président de l’association, Vincent Bouba. Le réflexe de se renseigner en amont

L’autre moitié des dossiers ouverts par l’ASL – 5 976 dossiers – concerne des conseils demandés par les enseignants dans des situations litigieuses, sans qu’il y ait forcément recours à un avocat. Ces demandes sont en hausse de 23 % cumulées sur trois ans. Des enseignants prennent parfois des renseignements en amont, avant que les situations ne s’enveniment. « Un enseignant peut nous appeler parce qu’il a mis un mot sur le carnet de liaison et qu’il sait que le dialogue avec les parents va être compliqué le lendemain, raconte Vincent Bouba. Dans ces cas-là, on donne des conseils simples : ne pas se parler sur le trottoir mais dans une classe, faire l’entretien en présence d’un autre personnel de l’école… »

La hausse des demandes de conseils révèle des tensions plus nombreuses dans la communauté scolaire, en particulier dans le premier degré, puisque 61 % de l’ensemble des dossiers ouverts concernent des enseignants de l’école primaire. Le chiffre pourrait surprendre : la dégradation du climat scolaire est souvent perçue comme caractéristique du collège et du lycée, où les enquêtes sont par ailleurs plus nombreuses.

« Les acteurs se multiplient autour de l’école, comme autant de sources de tensions possibles, avance Vincent Bouba. Les enseignants sont en contact avec parents et les mairies depuis toujours, mais aussi avec les intervenants extérieurs, les personnels accompagnants des sorties… » De plus, l’école primaire ne dispose pas du « filtre » de la « vie scolaire », cette équipe composée du conseiller principal d’éducation (CPE) et des assistants d’éducation (AED) chargés des questions disciplinaires au collège et au lycée.

Pour Benjamin Moignard, professeur en sciences de l’éducation à l’université Cergy-Paris et spécialiste du climat scolaire, ces résultats témoignent d’un « rapprochement » entre les problématiques du second et du premier degré, en particulier à l’école élémentaire. « Les enseignants rapportent plus souvent qu’il y a quelques années des conflits dans l’équipe ou avec la hiérarchie et le sentiment d’avoir des problèmes avec des élèves qui ne sont pas adaptés à l’école », rapporte le chercheur.

L’ASL compte 8,8 % de dossiers ayant trait à l’inclusion scolaire, à la prise en charge d’enfants violents et à des différents intrafamiliaux. Les conflits internes à l’établissement comptent, eux, pour 14,3 % du total des dossiers.

https://www.autonome-solidarite.fr/media/2020/07/Barometre-2018-2019-BD.pdf

 

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